Nos interventions ont fait bouger l’Insee… mais la situation exige désormais d’aller beaucoup plus loin
Depuis plus d’un an, les élu·e·s CGT et Sud alertent l’administration sur les conséquences des épisodes de chaleur extrême pour les agent·e·s de l’Insee.
Interventions en formations spécialisées, courriers au directeur général, travail intersyndical, rappels des obligations de prévention de l’employeur : nos actions ont permis d’obtenir des avancées concrètes.
La décision récente de la Direction générale sur le télétravail exceptionnel constitue une première victoire :
- possibilité de télétravail exceptionnel dans certaines situations de vigilance orange ;
- meilleure prise en compte des conditions réelles dans les bâtiments ;
- suspension possible des déplacements de terrain lors des épisodes les plus sévères ;
- engagement d’une réponse rapide de la Direction générale.
Ces avancées n’auraient jamais vu le jour sans les interventions répétées des représentant·e·s du personnel.
Mais aujourd’hui, l’urgence climatique nous rattrape.
La canicule que nous vivons redouble d’intensité au-delà des scénarios envisagés il y a encore quelques semaines.
Un gouvernement dépassé par la situation
Partout en France, les services publics sont désorganisés. Quasiment tous les départements sont placés en vigilance rouge ou orange. Des écoles ferment ou réduisent fortement leur activité.
Le ministre de l’Éducation nationale prétend maintenir la continuité du service public tout en invitant fortement les familles à ne pas envoyer leurs enfants à l’école, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour les parents salarié·e·s.
Cette contradiction est révélatrice d’une incapacité à assumer les décisions nécessaires.
Au lieu de prendre des mesures nationales claires, le gouvernement renvoie la responsabilité sur les salarié·e·s et les familles. Des millions de parents sont ainsi sommés de choisir entre leur travail et la santé de leurs enfants. Cette situation est inacceptable.
Les conséquences du dérèglement climatique ne peuvent pas être gérées à coups de recommandations contradictoires et d’injonctions individuelles.
Les employeurs publics doivent prendre leurs responsabilités.
À l’Insee, les mesures actuelles sont déjà insuffisantes
La décision obtenue ces dernières semaines constitue un progrès, mais elle ne répond pas à la situation exceptionnelle que nous vivons.
Aujourd’hui les agent·e·s travaillant dans des établissements climatisés situés en vigilance orange ne peuvent toujours pas bénéficier du télétravail exceptionnel, les risques liés aux trajets domicile-travail restent largement ignorés, les salles rafraîchies mises à disposition dans certains établissements ne permettent pas de répondre à l’ensemble des besoins, les parents de jeunes enfants ne disposent d’aucune disposition leur permettant de répondre aux consignes des autorités éducatives, les situations des agent·e·s vulnérables restent insuffisamment prises en compte.
La protection de la santé ne commence pas à la porte des établissements. Elle concerne également les déplacements, les contraintes familiales créées par la crise climatique et les conditions réelles d’exercice du travail.
Par ailleurs la focalisation sur les seuils d’alerte de Météo France pose problème. Nous le disons depuis plusieurs années. Ces seuils d’alerte n’ont pas vocation à servir d’indicateur de santé au travail. Par ailleurs leur temporalité ne permet pas d’anticiper la prévention des canicules.
Nous demandons immédiatement
- l’extension du télétravail exceptionnel (et des ASA afférentes) à l’ensemble des agent·e·s des départements placés en vigilance orange (a fortiori rouge) ;
- la possibilité pour les directions régionales de déclencher sans délai les mesures de prévention nécessaires ;
- l’attribution d’autorisations spéciales d’absence aux parents confrontés aux fermetures ou restrictions d’accueil des établissements scolaires ;
- l’adaptation des horaires (notamment par la levée temporaire des plages fixes) et la réduction du temps de travail ;
- des mesures renforcées pour les agent·e·s vulnérables ;
- la suspension des activités de terrain lorsque les températures deviennent dangereuses, avec pour les enquêtrices et enquêteurs le fait de ne pas rattrapper le travail ainsi suspendu dès l’épisode de chaleur terminé ;
- l’ouverture d’une réflexion nationale sur l’adaptation durable de l’organisation du travail aux épisodes climatiques extrêmes.
Le climat change. L’Insee doit changer aussi.
Les épisodes que nous vivons aujourd’hui ne sont plus exceptionnels. Ils sont appelés à se multiplier. L’employeur public a désormais l’obligation d’anticiper cette nouvelle réalité.
La santé des agent·e·s ne peut pas dépendre de bricolages de dernière minute ou de décisions prises au cas par cas.
Les représentant·e·s CGT et Sud continueront d’intervenir à tous les niveaux pour obtenir les mesures de protection que la situation exige.
Face à la canicule, il ne faut pas seulement réagir. Il faut prévenir, il faut protéger.
Juin 2026
