CGT et Sud INSEE

POINT D’INDICE GELÉ, CARRIÈRES SACRIFIÉES

LE 29 SEPTEMBRE, TOUTES ET TOUS EN GRÈVE ET EN MANIFESTATION !

Les premières annonces budgétaires pour 2027 font peser de nouvelles menaces sur les rémunérations des agentes et agents publics, les emplois, les conditions de travail et les moyens des services publics.

Pourtant, les besoins sont immenses. Les canicules, les sécheresses et les incendies de l’été ont une nouvelle fois montré que les crises climatiques ne pourront être affrontées sans des services publics présents sur tout le territoire. Les piratages massifs qui ont touché l’Éducation nationale et les Finances publiques rappellent également l’urgence de renforcer les moyens humains et techniques consacrés à la sécurité des données.

D’autres choix sont possibles. Ils supposent de rompre avec les politiques d’austérité et d’organiser une meilleure répartition des richesses, fondée sur la justice sociale et fiscale.

À l’appel de toutes les organisations syndicales de la fonction publique, mobilisons-nous le 29 septembre pour nos salaires, nos emplois, nos conditions de travail et nos missions.

LES PRIX AUGMENTENT, LE POINT D’INDICE NE SUIT PAS

L’Insee a pour mission d’« éclairer le débat public ». Sur les rémunérations des agents de la fonction publique, ses éclairages sont pourtant limpides. Mais face aux chiffres produits par sa propre administration, le gouvernement persiste à ne rien voir. Ce n’est pas un manque d’éclairage, c’est un aveuglement politique.

Entre 2020 et 2025, les prix à la consommation ont augmenté de 15,5 %. Dans le même temps, la valeur du point d’indice n’a progressé que de 5,05 %, avec deux revalorisations limitées à 3,5 % en juillet 2022 et 1,5 % en juillet 2023.

Depuis, le point est de nouveau gelé.

À indice égal, la valeur réelle de notre traitement indiciaire a donc diminué d’environ 9 % en cinq ans. Depuis 2000, c’est presque 30 % d’écart entre l’évolution du point d’indice et l’inflation. Ainsi il manque 640 euros par mois de traitement indiciaire pour un agent à l’indice 340, 940 euros pour un agent à l’indice 500, et 1 500 euros pour un agent à l’indice 800 (des simulateurs pour calculer ces pertes sont sur les sites de Solidaires et de la CGT).

NOS CARRIÈRES SERVENT À PAYER L’INFLATION

Les statistiques de l’Insee confirment une baisse du pouvoir d’achat des salaires dans la fonction publique en 2022 et en 2023. Le léger rebond observé en 2024 ne compense pas les pertes précédentes.

Si le pouvoir d’achat moyen des agents de la fonction publique n’a pas chuté autant que la valeur réelle du point, ce n’est pas parce que nos rémunérations ont été protégées. C’est d’abord parce que nos avancements d’échelon et nos promotions ont servi à payer l’inflation.

Or, un avancement n’est pas une augmentation générale. Il est censé reconnaître l’ancienneté, l’expérience et les qualifications acquises. Lorsqu’il permet seulement de maintenir tout ou partie de son salaire réel, l’agent progresse dans sa carrière sans améliorer son niveau de vie.

Pour les traitements les plus faibles, un second mécanisme intervient. Les revalorisations du Smic contraignent le gouvernement à verser une indemnité différentielle de rattrapage pour ne pas payer illégalement ses agentes et agents sous le salaire minimum. Mais, faute de revalorisation générale du point et des grilles, ces rattrapages écrasent les premiers échelons et aplanit les grilles.

DES ANNÉES DE CARRIÈRE AU SMIC

Le Smic est régulièrement revalorisé lorsque les prix augmentent. Les grilles de la fonction publique, elles, restent gelées. Depuis la dernière revalorisation du 1er juin 2026, il faut atteindre l’indice majoré 380 pour que le traitement indiciaire soit au moins égal au Smic. Or, les grilles commencent bien en dessous.

  • Enquêtrices et enquêteurs
    • 3 échelons de la grille des enquêtrices et enquêteurs de catégorie 2 sont situés sous le Smic
  • Dans la catégorie C
    • 10 échelons sur 11 de la grille des adjoints administratifs sont situés sous le Smic
    • 7 échelons de la grille des adjoints administratifs de 2e classe sont sous le Smic
    • 3 échelons de la grille C3 des adjoints administratifs de 1ere classe sont sous le Smic

Dans la première grille de catégorie C, il faut désormais près de dix-neuf années de carrière pour percevoir un traitement indiciaire supérieur au Smic !

La catégorie B est elle aussi directement touchée :

  • les 5 premiers échelons de la grille de contrôleurs de 2e classe sont sous le Smic
  • les 2 premiers échelons de la grille de contrôleur de 1ere classe sont sous le Smic

Au total, le gouvernement reconnaît que 862 000 agentes et agents publics doivent recevoir une indemnité différentielle pour que leur traitement atteigne simplement le salaire minimum légal. Ce n’est plus seulement un tassement des grilles.

C’est une smicardisation organisée de la fonction publique.

Le principe même des grilles salariales est ainsi remis en cause. Celles-ci devraient pourtant garantir la reconnaissance des qualifications, de l’ancienneté et de l’expérience. Il s’agit d’un nouveau coup de canif contre le statut de la fonction publique, au même titre que le jour de carence, la réduction de la rémunération pendant les arrêts maladie ou le développement des primes au mérite.

À L’INSEE AUSSI, LES SALAIRES ET LES MOYENS CONDITIONNENT NOS
MISSIONS

À l’Insee, toutes les catégories sont concernées.

Les agentes et agents de catégorie C voient leur progression de carrière absorbée par le Smic. Les personnels de catégorie B sont désormais directement rattrapés. Les agentes et agents de catégorie A subissent eux aussi le déclassement de leurs qualifications et la perte de valeur du point. Les contractuelles et contractuels sont confrontés à des rémunérations insuffisantes, à l’individualisation et à l’absence de garanties collectives équivalentes.


Cette politique nourrit les difficultés de recrutement et de fidélisation. Elle fragilise les collectifs de travail et accroît la charge supportée par les personnels présents. Sans recrutements suffisants et sans une juste rémunération du travail, ce sont nos missions qui seront affaiblies.

Produire une statistique publique indépendante et de qualité, assurer la collecte sur le terrain, protéger les données, entretenir les applications et éclairer les transformations sociales, économiques et environnementales exige des personnels suffisamment nombreux, qualifiés et correctement rémunérés.

Nos salaires et nos moyens ne sont pas séparables de nos missions.

NOUS REVENDIQUONS :

  • 400 € d’augmentation immédiate pour tou·te·s les agents publics
  • La revalorisation du point d’indice à hauteur des pertes accumulées et son indexation sur l’inflation
  • La refonte complète des grilles
  • L’intégration des primes dans le traitement indiciaire, afin qu’elles soient prises en compte pour la retraite
  • L’abrogation du jour de carence et le rétablissement du maintien à 100 % de la rémunération pendant les congés de maladie ordinaire
  • Des créations d’emplois et des moyens budgétaires à la hauteur des besoins de l’Insee et de l’ensemble des services publics
  • L’égalité salariale et la revalorisation des filières à prédominance féminine
  • La titularisation des contractuels sans condition de concours ni de nationalité
  • L’abrogation de la réforme des retraites et le retour à la retraite à 60 ans

Les chiffres sont connus. Les pertes sont mesurées. Les solutions existent.

MARDI 29 SEPTEMBRE
TOUTES ET TOUS EN GRÈVE ET EN MANIFESTATION
Pour nos salaires, nos carrières, nos emplois et nos missions
RATTRAPAGE ET INDEXATION DU POINT SUR L’INFLATION
FIN DE LA SMICARDISATION DES CARRIÈRES