La répression du pouvoir macroniste n’épargne pas les agents de l’Insee

Le 18 février dernier se tenait une manifestation contre la loi Darmanin, contre les centres de rétention administrative (CRA) et en soutien aux sans-papiers et exilé·e·s.

Lors de cette marche de Porte Dorée au CRA de Vincennes, un de nos collègues de l’Insee, Olivier Montel, s’est vu « exfiltré » assez violemment du cortège (cinq jours d’arrêt prescrits par son médecin traitant), puis collé en garde-à-vue. Celle-ci a été prolongée à 48 heures à la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) du 13e arrondissement de Paris. Cette marche s’était pourtant déroulée tranquillement et sans aucun problème, du début à la fin. Mais le cortège fut tout de même escorté par pléthore de forces de l’ordre filmant sans arrêt l’ensemble des manifestant·e·s, dont les nombreux.ses sans-papiers qui étaient présent·e·s.

Notre collègue fut interpelé au motif fantaisiste et pernicieux « d’entraves à la circulation », au motif là aussi très classique et non moins fantaisiste de « rébellion », et au motif toujours très classique « d’outrage à agent dépositaire de l’autorité publique ». En fait plusieurs témoignages montrent que les forces de l’ordre  avaient la ferme intention de procéder coûte que coûte à au moins une arrestation. En outre, ces forces de l’ordre n’avaient pas même respecté certaines des modalités négociées en préfecture pour cette manifestation (c’est d’ailleurs ça le facteur déclencheur).

À l’issue de cette garde-à-vue, et à deux doigts de passer en comparution immédiate, notre collègue fut déféré au Tribunal de grande instance (TGI) de Clichy. Côté parquet le procureur avait même ordonné un contrôle judiciaire avec interdiction de manifestation, mais juste dans la foulée la juge des libertés et de la détention (JLD) aura infirmé cette requête. Au final, notre collègue est toutefois amené à comparaître ce 27 juin au TGI Paris-Clichy pour les 3 chefs d’inculpation déjà cités.

Durant cette garde-à-vue, deux comités de soutien se seront montés. Lors d’un de ces deux rassemblements, et à l’issue d’un véritable traquenard, un camarade de l’Union syndicale Solidaires aura lui aussi été mis en garde-à-vue – pour le coup sans aucune raison tangible d’aucune sorte.
Durant ce rassemblement spontané devant la DOPC, afin d’exiger la libération d’Olivier, il aura été « convié » à entrer dans l’enceinte de la DOPC pour « discuter »… puis se sera instantanément retrouvé gardé à vue au prétexte de « rassemblement non autorisé » (là encore un grand classique).

Bien au-delà de ces deux cas-là, évidemment : depuis le début de l’année, et plus encore depuis le 49.3 en date du 16 mars, c’est une véritable avalanche d’arrestations totalement arbitraires, voire carrément fantaisistes, à laquelle on a pu assister. Avec des gardes à vue souvent prolongées à 48 heures (et même parfois plus). Le tout débouchant la plupart du temps sur strictement aucune poursuite.

Ces méthodes d’intimidation policière puis de répression judiciaire visent évidemment à dissuader opposant·e·s et manifestant·e·s « d’y retourner ». De même que ces charges policières absolument imprévisibles, ainsi que l’utilisation parfois massive de gaz lacrymos projetés indistinctement sur l’ensemble des cortèges. Ce qui aura conduit certaines personnes à ne plus vouloir se rendre en manifestation, c’est-à-dire à ne plus pouvoir exercer leur droit de manifester.

Ces dérives autoritaristes et répressives sont particulièrement préoccupantes.

Ces méthodes de l’État français ainsi que certaines de ses lois, liberticides, lui valent désormais d’être tancé non plus seulement par la défenseure des droits, par la contrôleuse des lieux de détention, par des associations, ONG (Amnesty, la Ligue des Droits de l’Homme, Human Rights Watch…) et par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), mais aussi par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), par le Conseil de l’Europe… et même par l’ONU. Et cette répression politique et sociale a malheureusement conduit à des cas parfois bien plus graves, avec notamment des personnes sévèrement blessées, voire « invalidées » à vie.

Ce qui (entre autre) fait dire par exemple à un professeur de sciences politiques pourtant aussi modéré que Jean-François Bayard que la France est en train de glisser vers un régime « illibéral » . Ce que confirme la toute récente dissolution purement administrative (et non judiciaire) des « Soulèvements de la Terre » (lire aussi https://tinyurl.com/26utp7v2 – ici Amnesty). Dissolution qui de toute façon ne changera strictement rien sur le fond, et ne conduira au contraire qu’à plus de mobilisations écologistes (du moins si ces décrets ne sont pas purement et simplement invalidés par le Conseil d’État, comme par exemple pour « Nantes Révoltée » ou pour « Gale Antifa » sur Lyon).

Nous apportons notre soutien total à Olivier et nous exigeons qu’aucune condamnation ne soit prononcée contre lui.

Pour lui venir en soutien :

Comparution mardi 27 juin au matin c’est-à-dire « à partir de 9h » (on n’en sait jamais plus)
Tribunal « correctionnel » de Paris – 24e chambre « correctionnelle » 2, tribunal de Paris Parvis du tribunal 75017

Le 26 juin 2023
Section Sud-Insee DG